IRAN : une guerre de désinformation

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Images de Avant/Après l’attaque en Iran. « Y’a un problème, patron… »

Vous voyez ? Faites le jeu des 7 différences.

Ce n’est pas le même lieu et pourtant c’est présenté comme tel par une vidéo de TF1.

Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=s6R4VlzP6nY

C’est une séquence officielle du 20h, où TF1 montre une image “avant” d’un site iranien, puis une image “après” censée montrer les dégâts causés par les frappes israélo-américaines.

Dans ce format, le téléspectateur comprend naturellement qu’il s’agit du même endroit, vu à deux moments différents.

Si un média affirme montrer un “avant/après” du même lieu, pris à quelques secondes ou minutes d’intervalle après une attaque, alors les deux images doivent correspondre point par point — routes, bâtiments, parcelles, orientation, etc.

Or là, ce n’est pas seulement “un détail” qui ne colle pas : c’est l’ensemble de la géographie. Et cela rend impossible l’idée qu’il s’agisse du même endroit avant/après une frappe.

L’image avant montre une autoroute à plusieurs voies avec un terre-plein central et des bretelles d’accès.
L’image après montre que cette autoroute a disparu, sans aucune trace ni axe identifiable.
Une infrastructure d’une telle taille ne disparaît pas avec un bombardement : c’est la première preuve que les deux images ne montrent pas le même endroit.

Les bâtiments autour confirment cette impossibilité.
L’image après montre des bâtiments entiers, intacts, qui n’existent pas dans l’image avant.
Et inversement, les grands bâtiments bleus rectangulaires visibles dans l’image avant ont totalement disparu dans l’image après.
Un bombardement peut détruire, mais il ne peut pas faire apparaître de nouveaux bâtiments.

La structure du paysage urbain change complètement d’une image à l’autre.
Avant : une zone autour d’une ville, des bâtiments alignés, des champs agricoles en damier.
Après : une zone rurale ou semi-rurale, des champs irréguliers, une densité différente.
Ce sont deux endroits différents.

Même le bâtiment censé être la cible n’a pas la même taille au sol.
Dans l’image avant, il est grand et carré ; dans l’image après, il devient un rectangle allongé.
Même détruit, un bâtiment garde la même base. Ici, la forme change : ce n’est pas le même bâtiment.

Les champs agricoles montrent aussi la tromperie.
Le damier régulier de l’image avant n’a rien à voir avec les grands champs irréguliers de l’image après.
Un tel changement ne peut pas se produire en quelques instants.
Ce n’est pas le même lieu.

On doit conclure que TF1 n’a pas montré un vrai avant/après.

Le reste du reportage a les mêmes problèmes.
Le commentaire dit que les images satellites ont été montrées aujourd’hui, mais ce qu’on voit n’a rien de logique :
une image couleur en haute résolution, une autre en noir et blanc de moins bonne qualité, des angles différents, des traitements différents, des paysages différents.
Rien ne correspond.

Les images ne montrent pas de cratères, de structures reconnaissables, de zones urbaines connues ni d’installations militaires identifiables.
On voit juste un bâtiment détruit, isolé, sans indication de lieu ni de lien avec l’image avant.
On ne peut rien vérifier.

Le montage donne l’impression d’une continuité avec un viseur blanc au même endroit, un zoom, un fondu, et un commentaire avant/après.
Tout est fait pour faire croire que les deux images se superposent.
Mais les routes, les bâtiments et les parcelles prouvent le contraire.

Le reportage mélange des images satellites, des destructions au sol, des civils qui fuient, et des images de la frontière turque.
Rien ne relie ces séquences visuellement : les images au sol ne correspondent pas aux images satellites, les images satellites ne correspondent pas entre elles, et aucun lieu n’est mentionné.
On reçoit un ensemble d’images chargées d’émotion, pas une preuve.

Le reportage dit : « Images impressionnantes des destructions en Iran. »
Le spectateur comprend : c’est Téhéran sous les frappes.
La topographie ne correspond pas clairement à Téhéran.
Téhéran est adossée à l’Elbourz, mais les quartiers visibles ici ne ressemblent pas aux zones touchées mentionnées dans les dépêches.

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L’image n’est pas une image satellite, contrairement à ce que le commentaire laisse entendre.
C’est une vidéo au sol, probablement filmée par un civil.

Vue thermique / drone militaire

L’image montre une vue thermique ou infrarouge, typique d’un drone militaire.
Le mot “UNCLASSIFIED” apparaît en vert, comme dans les vidéos déclassifiées du Pentagone.
Une explosion ou un impact est visible.

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Des bâtiments industriels ou logistiques apparaissent en arrière-plan.
TF1 suggère : « Images impressionnantes des destructions en Iran. »
Le spectateur comprend : ce drone filme une frappe américaine ou israélienne en Iran.

Mais on n’a aucune preuve que cette vidéo provient d’Iran.
Les vidéos “UNCLASSIFIED” du Pentagone sont souvent génériques et peuvent provenir d’Irak, de Syrie, du Yémen, d’Afghanistan, ou d’exercices militaires.

Le style visuel correspond davantage à des frappes américaines contre Daech (2015–2020) qu’à une frappe récente en Iran.
Aucun élément géographique identifiable : pas de repère, pas de coordonnées, pas de nom de base.

Vue aérienne noir et blanc sur une zone désertique

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L’image montre une vue aérienne ou drone, noir et blanc, très granuleuse :
une zone désertique, quelques structures dispersées, un réticule violet au centre, des incendies et des débris.
Aucun signe d’une zone urbaine dense.

TF1 suggère encore : « Destructions en Iran ».
Mais le paysage ne correspond pas à l’Iran urbain, ni aux zones industrielles autour de Téhéran.
Cela ressemble davantage à l’est de la Syrie, au désert irakien ou à des zones d’essais militaires.

TF1 annonce ensuite que la Cour suprême révolutionnaire islamique a été touchée et détruite.
Une telle déclaration implique qu’un bâtiment de cette importance devrait être :

  • facilement reconnaissable,
  • situé dans un quartier institutionnel connu,
  • doté d’une architecture particulière,
  • immédiatement identifiable par des experts, des médias et des gouvernements.

Pourtant, rien de tout cela n’apparaît dans les images diffusées.

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Les images satellites montrent une réalité différente :
un quartier urbain dense, un terrain de sport, des immeubles, quelques bâtiments administratifs modestes, des rues étroites.
Les destructions sont limitées à quelques bâtiments.

Rien ne ressemble à un siège institutionnel majeur.
Les cours suprêmes, dans la plupart des pays, sont imposantes : façades monumentales, symétrie, esplanades, proximité des ministères, avenues larges, sécurité visible.

Ici, tout est ordinaire : habitations serrées, bâtiments moyens, quartier banal, terrain de sport à côté.
Rien n’évoque un lieu de pouvoir judiciaire.

Les contradictions visuelles sont évidentes :

  • pas de cour intérieure,
  • pas de façade imposante,
  • pas de plan clair,
  • pas de symétrie,
  • pas de zone sécurisée,
  • pas de drapeau, pas de portail, pas de place publique, pas de parking officiel.

Le bâtiment détruit ressemble davantage à une école, un centre administratif local ou un immeuble résidentiel.

À ces contradictions visuelles s’ajoutent des incohérences dans le récit.

La destruction d’une Cour suprême nationale attirerait immédiatement l’attention mondiale :
images localisées, confirmations internationales, analyses d’experts, preuves satellites.

Or, rien de tout cela n’apparaît.

Aucune localisation n’est donnée.
Aucune source satellite n’est citée.
Aucune confirmation extérieure n’est mentionnée.

Les images ne montrent aucun bâtiment administratif identifiable.
Le reportage mélange des images urbaines, désertiques, thermiques — sans jamais prouver qu’elles ont un lien entre elles ou qu’elles montrent la Cour suprême évoquée.

Plus tard, le commentaire parle de 100 000 habitants qui auraient fui Téhéran, mais aucune image ne montre Téhéran, ni un exode massif.
Les images de gens qui fuient viennent de la frontière turque.
Ce n’est pas Téhéran.

Le reportage mélange des frappes américaines et israéliennes, parle d’opérations et de cibles différentes, mais les images ne permettent pas de distinguer ce qui correspond à quoi.
On ne peut pas relier une image à une frappe précise.

Surtout, rien ne prouve que les images viennent d’Iran.
Pas de repère, pas de géolocalisation, pas de source précise.
On ne peut rien vérifier.

Ainsi, en plus du faux avant/après, la vidéo manque de localisation, mélange des lieux sans logique, utilise des images satellites différentes, a un montage trompeur, un commentaire qui ne correspond pas aux images, mélange Téhéran, la frontière turque et des sites inconnus, et n’apporte aucune preuve visuelle des frappes décrites.

« Y’a un problème, patron… »
De la désinformation, et une guerre de propagande.


Mise à jour du 8 mars 2026

Le genre de bêtises qu’on voit circuler sur les réseaux sociaux.
Une vidéo censée montrer Téhéran en feu :

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https://www.facebook.com/reel/1225272733148626

Sauf que ce n’est absolument pas Téhéran mais l’Arabie saoudite (région de Riyad).

Sur les panneaux dans la vidéo, on peut lire :
« غرب – الرياض » → West – Riyadh
« Industrial Area – Al Wisam »
Numéros de routes : 1161, 1151
« Exit 0 »

Ces éléments correspondent exactement au système de signalisation saoudien.
L’infrastructure routière est typiquement saoudienne.
En Iran, même à Téhéran, les routes sont plus variées, souvent plus anciennes, avec une signalisation différente.

« Al Wisam » (ou « Al Wessam ») est une zone industrielle près de Riyad.
Elle n’existe pas à Téhéran.

Les images montrent un feu industriel massif derrière un pont ou une bretelle d’autoroute, avec une luminosité orange intense.
Ce type d’incendie correspond souvent à des dépôts pétroliers, des installations industrielles ou des zones logistiques.

L’Arabie saoudite en compte beaucoup autour de Riyad.

Les incendies saoudiens sont souvent réutilisés car visuellement spectaculaires.
Sans date, sans source, sans contexte, cette vidéo ne vaut rien comme information.
Et dans ce cas précis, tout indique qu’on est face à un recyclage d’images anciennes.


Le problème, c’est quand Le Figaro relaie aussi l’intox

Voir ceci :
https://www.facebook.com/watch/?v=1462759778704633

Et l’image en commentaire, à côté de la première vidéo, est complètement fabriquée.

https://www.facebook.com/watch/?v=1225272733148626

Le texte affirme :

• frappes US–israéliennes
• Mehrabad (Téhéran)
• dépôts pétroliers
• « confirmé par Al Jazeera, Reuters, CNN, BBC »

Or aucun de ces médias n’a publié une telle information.

Si un aéroport de Téhéran brûlait après une frappe, ce serait partout.
Le style du message est typique d’un faux « fact-check » généré pour donner de la crédibilité à une vidéo recyclée.

Le compte « Grok » est sans doute aussi un faux.
Il est souvent utilisé dans des montages.


Mise à jour du 9 mars 2026

Encore une vidéo bidon sur Facebook :
https://www.facebook.com/reel/2417858158657333

La vidéo présente un immense incendie industriel situé derrière une zone résidentielle, avec une colonne de fumée noire très dense, filmé de nuit depuis un immeuble ou un balcon.

Ce type de scène correspond exactement aux images de l’incendie de la raffinerie de Tondguyan (sud de Téhéran) du 2 juin 2021, massivement réutilisées ces derniers jours pour prétendre montrer des bombardements récents.

Et pour finir, il n’existe actuellement aucune image ni vidéo fiable montrant un Iran bombardé par les forces occidentales.


Mise à jour du 10 mars 2026

Encore une info bidon :
https://www.facebook.com/reel/910030198401683

Je me suis passée la vidéo image après image et voici mon analyse montrant pourquoi la scène ne peut pas être réelle :

1. Absence totale de débris au sol

Dans une explosion touchant une façade :

• des morceaux de béton tombent,
• des éclats de verre se dispersent,
• la poussière recouvre le sol et les véhicules.

Or, dans toutes les images de la vidéo :

• le sol est propre,
• aucun débris n’est visible,
• aucune vitre brisée autour.

C’est impossible dans un événement réel.

2. Les voitures restent intactes

La voiture blanche, présente du début à la fin :

• n’est pas couverte de poussière,
• n’a aucun éclat de verre dessus,
• n’est pas endommagée,
• n’a même pas bougé.

Pourtant, elle est garée juste sous la zone censée exploser.
Dans une scène réelle, elle serait forcément affectée.

3. Le feu ne produit aucun dégât sur la façade

Dans les images :

• les flammes sont très visibles,
• la fumée est dense,

mais la façade reste intacte :
pas de noircissement, pas de vitrages cassés, pas de matériaux arrachés.

Un feu réel laisse des traces immédiates.
Ici, le feu semble superposé à l’image, pas intégré à la scène.

4. Un “petit nuage gris” apparaît au tout premier instant

Ce nuage est :

• statique,
• sans dynamique,
• sans projection.

Un impact réel ne produit jamais un nuage aussi petit et propre.
C’est un signe fort d’incohérence.

5. Apparition de plusieurs colonnes de fumée sans logique

Après le petit nuage :

• on voit trois panaches gris distincts,
• venant de zones différentes du bâtiment.

Un seul impact ne peut pas produire trois sources de fumée séparées.
Cela suggère des scènes provenant de moments ou de vidéos différentes.

6. Changement d’angle au moment critique

La caméra :

• change de champ juste avant l’explosion,
• ne montre jamais l’impact direct,
• revient ensuite sur une boule de feu dans un autre angle.

C’est typique d’un montage.

7. Le son ne correspond pas à l’image

On entend un bruit de missile :

• mais aucun projectile n’apparaît,
• aucune trajectoire,
• aucune interaction visible.

Le son est probablement ajouté.


Conclusion

En combinant tous ces éléments — absence de débris, voitures intactes, façade non touchée, feu sans effet sur l’environnement, nuage initial impossible, fumées incohérentes, angles différents, son ajouté — on arrive à une conclusion solide :

La vidéo ne montre pas un événement réel continu.
Elle est composée de plusieurs séquences sans lien, ou d’effets ajoutés.


Mise à jour

On voit désormais circuler toutes sortes de fausses vidéos d’IA sur YouTube montrant des B2 au-dessus de l’Iran, échappant à des missiles, etc.

Cette « guerre » permet de :

• quadrupler la production de bombes et de missiles par le Pentagone,
• augmenter la dépense militaire en France et ailleurs,
• relancer les discussions sur la mise à disposition du nucléaire par l’UE,
• justifier la hausse des prix de l’essence via le faux blocus du détroit d’Ormuz,
• offrir un cadeau à l’industrie pétrolière.

C’est aussi un moyen de créer une forte augmentation de la peur :
on vous dit que cela peut se propager aux États-Unis, en France, en Belgique, etc.,
avec des cellules terroristes dormantes qui se réveilleraient pour semer le chaos,
ou des fatwas lancées partout.

Pour accompagner cela, des agents sont placés sur Internet et à la télévision pour annoncer la fin des temps, l’effondrement imminent, le retour de l’Antéchrist…

Alors, achetez des armes (mais déclarez-les), des chips, de la bière,
et n’oubliez pas de soutenir Macron qui tient la barre en jubilant.

© Céleste R. — CC BY-NC-ND

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