BREXIT : LE BIAIS DES SONDAGES

Brexit sondages

Dans le graphique présenté sur ce site, on voit que les Britanniques semblent regretter d’avoir quitté l’Union européenne :

https://www.statista.com/statistics/987347/brexit-opinion-poll/

Je pars du principe que le sondage n’est pas entièrement truqué.
Mais je remarque que la polarité affichée paraît trop parfaite pour être honnête.

Le biais principal, c’est l’apparente symétrie du graphique.

Brexit sondages


Que mesurent vraiment ces sondages ?

Les sondages YouGov/Statista indiquent qu’environ 56 % des répondants estiment que le Brexit était une mauvaise décision.

Mais ce chiffre n’inclut pas les indécis.

Les proportions réelles sont plutôt :

  • 48 à 50 % : mauvaise décision
  • 28 à 32 % : bonne décision
  • 15 à 23 % : indécis

Ce dernier groupe est massif et change complètement la lecture.


La symétrie est un artefact statistique

Elle provient de choix méthodologiques :

  • deux catégories exclusives,
  • parts relatives totalisant 100 %,
  • suppression des indécis,
  • lissage statistique.

Ces choix créent une illusion de polarisation.

Si l’on réintégrait les indécis dans le graphique, la symétrie disparaîtrait immédiatement.

Brexit sondages


Le Brexit n’est pas la cause principale des difficultés économiques

Les difficultés du Royaume-Uni sont largement partagées par les pays de l’UE :

  • inflation,
  • croissance faible,
  • choc Covid,
  • dépendance énergétique.

Les trajectoires France / Royaume-Uni sont quasi identiques.

Le Brexit n’a pas provoqué un effondrement économique, mais il n’a pas amélioré la situation non plus.


Les biais cognitifs influencent l’opinion

Plusieurs biais jouent un rôle :

  • biais de contraste,
  • biais d’attribution,
  • biais de cadrage,
  • biais de disponibilité.

Ces biais expliquent pourquoi les récits simplifiés dominent.

La suppression des indécis amplifie :

  • l’illusion de polarisation,
  • les récits politiques simplistes,
  • la perception publique,
  • les stratégies des partis.

La présentation influence l’opinion

Quand un graphique affiche :

  • 56 % mauvaise décision
  • 31 % bonne décision

… les gens en déduisent :

« Une majorité regrette, donc moi aussi je peux le dire. »
« Je ne suis pas seul. »
« Le pays a changé d’avis. »

La présentation influence la perception, qui influence l’opinion, qui influence la politique.
C’est un cercle vicieux.


Conclusion

Les sondages montrent un regret croissant, mais pas une majorité absolue.
La symétrie parfaite du graphique est un artefact.
Les indécis représentent un bloc essentiel.
L’opinion publique est influencée autant par des biais cognitifs que par des faits économiques.

Le Brexit n’est ni la cause principale des difficultés britanniques, ni un remède.


Céleste R.

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