Manifestation des policiers français

Des manifestations dans la police française sont prévues samedi.

La crise de la police est tout à fait compréhensible en France et cela monte en puissance depuis des années.
C’est un mouvement de fond, largement documenté par les syndicats, les rapports parlementaires et les témoignages de terrain.
Pourtant rien ne change malgré cette profonde crise :

Ce n’est pas une seule cause, mais un empilement de facteurs qui crée une perte de sens.
Aucune autre police en Europe ne cumule autant de facteurs :

  • une administration très lourde,
  • une violence sociale élevée,
  • une forte politisation de la police,
  • une défiance mutuelle police/population,
  • des conditions de travail éprouvantes,
  • une médiatisation permanente.

Il faudrait carrément refondre le modèle si l’on veut être ambitieux et pourquoi pas, se baser sur les exemples d’autres pays européens.
Ce serait intelligent.

Plusieurs experts plaident pour une transformation profonde, comparable à ce qu’ont fait :

  • les Pays-Bas (police de proximité très structurée),
  • la Norvège (formation longue, approche dé-escalade),
  • l’Allemagne (coopération police-justice plus fluide).

Il faudrait :

Une formation plus longue et plus diversifiée : 3 ans comme au Pays-Bas, au lieu d’un an :
Psychologie, gestion de conflit, droit, communication, numérique.

Reconstruire une police de proximité : pas seulement des patrouilles, mais un vrai travail de lien social.
Cela réduirait la défiance.

Procéder à une réorganisation interne : moins de verticalité, plus d’autonomie locale.
Repenser la relation police-population : transparence, médiation, participation citoyenne.

Simplifier la procédure pénale et pourquoi pas former ensemble policiers et magistrats.

Cette refonte du modèle mènerait à une police plus moderne, plus humaine, plus efficace, mais demande une volonté politique forte.


Au Pays-Bas, le policier est formé pour désamorcer, pas pour intervenir en force.
Les policiers passent plus de temps dehors que derrière un écran.
Le métier est moins usant.

En Allemagne, la police est décentralisée.
Chaque Land gère sa police.
La formation est plus longue qu’en France (2 à 3 ans).
Les conditions de travail meilleures.
La relation police-population est plus apaisée.

Mais pour moi, le meilleur modèle est celui de la Norvège, avec une formation universitaire de 3 ans qui inclut droit, psychologie, sociologie, gestion de crise, entraînement physique, stage long.

Le policier norvégien est un professionnel très qualifié, pas un exécutant.

La police est non armée au quotidien.
Les armes sont dans les véhicules, pas à la ceinture.
Elles ne sont sorties que sur ordre.

Cela change totalement la relation police-population.

La police norvégienne a une culture de la désescalade, la priorité étant d’éviter la confrontation, de protéger les personnes vulnérables, de réduire les tensions.

Les interventions violentes sont rares.

La confiance de la population est très élevée : la police norvégienne est l’une des institutions les plus respectées du pays.

Il y a moins de défiance, moins de stress, moins de burn-out.

Autre point important : les responsables politiques n’interviennent pas dans les affaires courantes.
Le ministre fixe des orientations générales, pas des objectifs chiffrés ou des consignes ponctuelles.


© Céleste R. — CC BY-NC-ND

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