
Il avance dans la nuit, sombre oracle,
pelage traversé d’éclats de basalte.
Chaque pas qu’il laisse ouvre une faille haute
où la terre retient les mondes qu’elle porte.
Il frôle les pierres sourdes, les racines anciennes,
les veines de métal qui vibrent sous la peau.
Il accueille le silence comme un chant des âges
et devine dans l’ombre ce qu’aucun œil ne voit.
Dans le noir, il descend — une lente transe,
guidé par les murmures des couches minérales,
par les souffles enfouis que la nuit soulève.
Puis il remonte, chargé d’une clarté totale,
le regard habité de la mémoire des profondeurs.
Il est le lapin — l’esprit qui traverse les leurres.