Identité numérique

IDENTITE NUMERIQUE ET RESEAUX SOCIAUX

La loi sur l’interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans portée à l’AN le 26/01/2026 et étudiée à la demande de Macron en procédure accélérée, est un vrai PIEGE.

Tous les citoyens devraient se battre contre cette loi, comme tous les opposants politiques devraient le faire.

Cette mesure est bien plus qu’une simple protection des mineurs.

Elle fait partie d’un ensemble de lois visant à renforcer le contrôle de l’État sur l’espace numérique, limiter l’expression publique des jeunes, des moins jeunes et préparer un environnement politique plus verrouillé avant 2027.

C’est lié à la restriction progressive des libertés sous couvert de bonnes intentions.

Mais, Macron et ses communicants sont malins, ils ne présentent pas les choses ainsi. Ils présentent cette loi comme :

  • une protection contre le cyberharcèlement,
  • une réponse aux risques psychologiques,
  • un moyen de limiter l’exposition des enfants à des contenus inappropriés.

Ces arguments sont populaires et difficiles à contester.


Et que font les jeunes sur les réseaux ? Ils s’informent différemment, des mouvements spontanés émergent, des contestations se propagent rapidement.

Interdire l’accès aux moins de 15 ans est donc aussi une manière de réduire la capacité d’organisation des jeunes générations.

Cela crée aussi un précédent juridique.

Si l’État peut interdire l’accès à une partie de la population pour des raisons “sanitaires” ou “morales”, il pourrait ensuite étendre ce pouvoir à d’autres catégories.

En réalité, TOUT LE MONDE DEVRA PROUVER SON IDENTITÉ ET SON AGE pour accéder à un réseau social, car prouver que vous avez moins de 15 ans, c’est prouver que vous avez plus de 15 ans.

Donc, il y aura, de fait, une infrastructure de surveillance, via France Connect ou autre. Cette loi est un premier pas vers une restriction plus large des libertés numériques. Elle pourrait servir de précédent pour exclure d’autres catégories de citoyens.

Ne voyez-vous pas le lien avec le portefeuille d’identité numérique européen (EUDI Wallet) ?

L’Union européenne développe un portefeuille d’identité numérique qui permettra :

  • de prouver son âge,
  • de prouver son identité,
  • de signer des documents,
  • d’accéder à des services publics et privés.

Ce portefeuille est présenté comme “volontaire”, mais les États et les entreprises pourront l’exiger pour certains services. Et les institutions européennes ont déjà expliqué que ce portefeuille numérique servira à :

  • prouver l’âge en ligne,
  • accéder à des services numériques sensibles,
  • se connecter à des plateformes.

Ainsi, c’est en réalité une obligation déguisée.

C’est exactement comme dire :

“Le passeport est volontaire … mais sans passeport, tu ne prends pas l’avion.”

Ou :

“Le vaccin n’est pas obligatoire … mais sans vaccin, vous ne pouvez pas aller au restaurant, au cinéma, au magasin”, etc.


Donc, ne rêvons pas : à terme, l’EUDI Wallet est le candidat le plus probable pour la vérification d’âge. Ce n’est pas écrit dans la loi française, mais c’est la direction logique des travaux européens.

La convergence vers un système d’identité numérique obligatoire pour accéder à certains services est plausible.

On voit aussi le lien avec le CRÉDIT SOCIAL. Tout se met en place doucement, mais sûrement.

Le modèle chinois repose sur trois piliers :

  • une identité numérique centralisée obligatoire,
  • surveillance massive des comportements (achats, déplacements, interactions),
  • un système de récompenses / sanctions (accès à des services, transports, crédits, etc.).

L’Europe impose aussi aux plateformes des obligations de modération, de transparence, de retrait de contenus. Et la vérification de l’âge, de l’identité, etc.

On va me dire qu’aucun de ces éléments pris à part n’est un crédit social. Oui, mais ce sont des briques techniques qui, combinées, peuvent servir à autre chose.

Si l’EUDI Wallet devient indispensable pour accéder à des services essentiels, on aurait une centralisation. Cela habituerait la population à prouver son identité pour accéder à des services numériques. Le DSA impose déjà aux plateformes de surveiller davantage les contenus. Cela mène vers l’interopérabilité des données. Et l’Europe pousse à des standards communs.

Pris séparément, ce sont des mesures de régulation.
Mais assemblés différemment, ce sont des briques techniques d’un système de contrôle social.


Ceux qui dirigent ce monde ne sont pas dans l’explicite, mais ils avancent comme dans un jeu d’échec et nous voyons un risque structurel se dessiner :

  • On crée une identité numérique.
  • On crée une obligation de prouver son âge.
  • On crée des obligations de traçabilité.
  • On crée des standards européens.
  • On crée des obligations de modération.

Et un jour, un gouvernement peut dire :

“Puisque tout existe déjà, utilisons-le pour contrôler la population.”

Ainsi la liberté n’est plus automatique : elle devient conditionnelle.
Elle dépend d’infrastructures techniques.
Elle dépend de la confiance dans les institutions.


Alors, l’autre question est : peut-on faire autrement ?
Ou quelle serait la forme de régulation qui protègerait la liberté ?

Oui bien sûr, mais cela n’aurait rien à voir avec ce qu’ils nous préparent.

Dans la pratique, cela signifierait :

  • Pas de vérification d’identité si une vérification d’âge suffit.
  • Pas de collecte de données biométriques si une preuve cryptographique anonyme suffit.
  • Pas d’obligation de s’identifier pour accéder à des contenus publics.

Une régulation libre-protectrice limite l’intrusion au strict minimum, et seulement pour un objectif clairement défini.

Une régulation qui protège la liberté doit être transparente.

La transparence, ce n’est pas juste publier un PDF de 200 pages.
C’est rendre les règles compréhensibles, vérifiables et contestables.

Concrètement :

  • Les algorithmes de modération doivent être audités par des organismes indépendants.
  • Les systèmes de vérification d’âge doivent être publiquement documentés.
  • Les citoyens doivent savoir qui collecte quoi, pourquoi, et pendant combien de temps.

Sans transparence, il n’y a pas de liberté.

Il n’y a que de la confiance aveugle — et ça, ce n’est pas une base démocratique.


Une régulation qui protège la liberté doit être contrôlée par les citoyens, pas par les plateformes ni par l’État seul.

C’est le principe du contre-pouvoir.

Cela implique :

  • qu’il existe des autorités indépendantes réellement puissantes (type CNIL, mais renforcée),
  • des associations citoyennes pouvant saisir la justice facilement,
  • des audits publics réguliers,
  • des mécanismes de recours simples et rapides pour les utilisateurs.

Et pas des procédures lourdes, obscures, coûteuses et sans fin.

Une liberté qui dépend uniquement de la bonne volonté d’un gouvernement ou d’une entreprise n’est pas une liberté.

C’est une permission.



© Céleste R. — CC BY-NC-ND

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