Dans un récent article, Gary Renard affirme que « nous projetons notre culpabilité inconsciente et infondée sur ce monde surréaliste »(1).

Dès la première phrase, le paradoxe apparaît : comment un monde peut‑il être surréaliste s’il est censé ne pas exister ? Et comment une culpabilité peut‑elle être inconsciente si elle est invoquée comme explication universelle ?

Ces contradictions ne sont pas des maladresses : elles sont structurelles.
Elles créent un brouillard où l’adepte perd ses repères et devient dépendant du discours.

Le « point de vue cosmique » : une autorité imaginaire

Gary Renard écrit : « Les choses semblent s’aggraver… mais d’un point de vue plus cosmique, nous sommes probablement mieux maintenant que nos ancêtres »(2).

De quel point de vue cosmique parle‑t‑il ?
Comment invoquer des ancêtres dans un système qui nie l’existence du temps ?

On ne peut pas abolir le temps et comparer des époques.
On ne peut pas interdire le jugement et affirmer que « c’est mieux maintenant ».
On ne peut pas nier le monde et prétendre l’évaluer.

Ces paradoxes servent à neutraliser la pensée critique.

La répétition comme outil d’hypnose

Renard insiste : « Nous devons pratiquer le pardon encore et encore… la répétition est essentielle »(3).

La répétition est effectivement essentielle — mais pas à la maîtrise : à l’hypnose.

Puis vient la phrase clé :

« Nous devons nous rappeler que ce que nous voyons n’est pas vrai »(4).

C’est le cœur du programme : nier la perception.

C’est exactement ce que décrivait Orwell :

« Le passé était raturé, la rature oubliée et le mensonge devenait vérité »(5).

La culpabilisation totale : un mécanisme de contrôle

Gary Renard martèle que tout ce que les étudiants voient est leur faute.

La phrase « Je ne suis jamais contrariée pour la raison que je pense »(6) devient un outil de conditionnement.

On leur dit : « Je pourrais voir la paix au lieu de cela »(7).
Mais ils ne voient pas la paix.
Alors ils se sentent coupables.

On leur dit : « Ce que je vois n’est pas là »(8).
C’est du déni pur.

Le double discours permanent

Les étudiants continuent évidemment à juger le monde — comme tout être humain.
Gary Renard lui‑même parle de l’Ukraine dans l’article qu’il commente.

Pourquoi commenter un monde que l’on nie ?

Parce que personne ne peut vivre dans la fiction totale.
Alors ils oscillent entre :

  • la réalité qu’ils perçoivent,
  • la fiction qu’on leur impose.

Cette double contrainte les fragilise et les rend dépendants.

La promesse finale : ne rien faire, ne rien penser

Renard conclut : « Soyez simplement des passagers »(9).

Ne rien faire.
Ne rien juger.
Ne pas croire ses sens.
Ne pas faire confiance à sa raison.

C’est l’idéal du disciple docile.

Conclusion : la souveraineté ou l’effacement

Ce que propose Gary Renard n’est pas une voie spirituelle :
c’est une désactivation progressive de la conscience.

On ne devient pas libre en niant le réel.
On ne devient pas lucide en répétant que « ce que je vois n’est pas là ».

La souveraineté commence là où cesse la fiction :
là où l’on ose regarder le monde tel qu’il est.

Notes

(1) Gary Renard & Cindy Lora‑Renard, Forgiving World Events in My Mind, acimblog.com
(2) Ibid.
(3) Ibid.
(4) Ibid.
(5) George Orwell, 1984
(6) Un Cours en Miracles, Leçon 5
(7) Un Cours en Miracles, Leçon 34
(8) Un Cours en Miracles, Leçon 6
(9) The Disappearance of the Universe

Céleste R.

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