. Grotte 1

Depuis plusieurs mois, un travail s’est ouvert, discret, presque souterrain : un livre.
Non pas un livre de croyance ou de dévotion, mais un livre d’examen.
Un Cours en Miracles y apparaît non comme un objet de foi, mais comme un territoire à cartographier :
sa genèse, sa structure, ses effets, et les mécanismes d’emprise qui s’y nouent parfois sans bruit.

Ce projet ressemble à une descente dans un terrier alambiqué.
Un réseau de galeries profondes, de couloirs étroits, de bifurcations qui déroutent.
On n’y avance pas pour le plaisir de l’obscurité, mais parce que certaines zones doivent être explorées pour cesser d’agir dans l’ombre.
On ne se libère que de ce que l’on a vraiment traversé.

Je n’écris ni pour attaquer ni pour rassurer.
J’écris pour éclairer.
Pour comprendre ce qui, dans ce texte, agit sur le lecteur :
les glissements, les certitudes, les promesses, les angles morts.
Pour mettre en lumière ce qui, trop souvent, reste implicite.

Ce travail demande de la prudence, de la nuance, et une détermination calme.
Il avance sans précipitation, dans cette clarté méthodique qui permet de traverser les zones sensibles sans s’y laisser prendre.

Pour moi, ce livre est une forme de Grand Œuvre.
Non pas au sens d’une ambition extérieure, mais comme un processus intérieur :
une manière de transformer ce qui fut obscur en quelque chose de clair, de respirable, de libre.
Et si je descends ce terrier, c’est aussi parce que je sais que cette exploration pourra servir à d’autres —
à ceux qui cherchent à comprendre, à se défaire, à reprendre leur propre espace intérieur.

Je n’en dirai pas davantage pour l’instant.
Le livre se construit à son rythme, au fil de cette descente nécessaire.
Et je continue.
Pas à pas.

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